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Archives Mensuelles: février 2015

Kim Stanley Robinson – Chroniques des années noires

couv949200Quelle serait l’histoire du monde si l’Europe avait disparu au Moyen Age, ravagée par la peste ? L’Islam et la Chine seraient alors devenues les civilisations dominantes, découvrant l’Amérique, se faisant la guerre, inventant le chemin de fer et l’atome, cherchant à l’emporter, à imposer la foi de Mahomet, Bouddha ou Confucius. A travers les destins de trois personnages, Kim Stanley Robinson dépeint de façon étonnamment réaliste sept cents ans de l’histoire d’un univers foisonnant, où les aventures individuelles se mêlent à la trame historique, et se répondent à travers les siècles et les continents. Une uchronie époustouflante par l’auteur de la trilogie martienne.

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Une uchronie, c’est toujours intéressant. Et celle-ci, il faut l’avouer, l’est particulièrement. Imaginez donc, la grande épidémie de Peste Noire du XIVe siècle n’a pas seulement décimé une grande partie de l’Europe centrale et occidentale, elle l’a complètement annihilée. Et comme la Nature a horreur du vide, il y a une place de civilisation number one à conquérir. À ma gauche, l’islam. À ma droite, la Chine. Commence alors près de 700 ans d’une histoire alternative où tous les grands jalons de l’Humanité seront revus et corrigés par Robinson.

À lire le résumé, la traduction maladroite du titre, et le contexte actuelle, on pourrait croire que c’est un énième pamphlet réactionnaire surfant sur le choc des civilisations, histoire de démontrer une fois pour toute que l’homme blanc chrétien est supérieur. Faux.

Ce pavé d’un bon millier de pages est en fait une ode à l’Humanité, au progrès, et une fort jolie réflexion sur la condition humaine, agrémentée de philosophie liée à la réincarnation et à la place de l’Homme dans la grande comédie d’est l’Histoire. Nous suivons donc durant ces 700 et quelques années, trois personnages, B, K et I au fil de leurs différentes incarnations et de certaines apartées dans le bardo, sorte de Purgatoire bouddhiste où les âmes attendent leur jugement et leur réincarnation. Au fil de ces vies, on découvre l’évolution de ce monde alternatif, de la découverte de la destruction de l’Occident à celle de l’Amérique par la Chine, en passant par l’essor de l’islam, les découvertes technologiques et les crispations qu’elles peuvent engendrer face à l’obscurantisme religieux ainsi que les tentations hégémoniques (voir la partie très intéressante, bien qu’un poil utopiste, sur la recherche nucléaire), les guerres cataclysmiques (qui rappellent fortement notre bonne vieille Grande Guerre à base de tranchées et d’envoi de troupes à l’abattoir), la lutte pour l’émancipation de la femme.

Les destinées de nos personnages se croisent, se font et se défont, toujours dans le but de s’élever, et d’élever avec eux l’Humanité toute entière. Vaste programme, comme dirait l’autre. Ces fils se croisent, et croisent également la grande Histoire, des personnages comme Tamerlan, Zheng He et la Flotte des Trésors chinoise, la création de Pékin. Bien sûr l’Histoire finit par diverger de manière radicale. L’islam s’étend en Europe sans résistance, la Chine envahit le Japon, les Indiens d’Amérique résistent à la colonisation. On y croise des thèmes très actuels comme la place de la femme dans les sociétés, l’évolution des pratiques religieuses au contact des autres religions et la tolérance. Point d’angélisme ici, ni de dénonciation, l’auteur, très documenté, se contente de présenter ce qu’ont été, et ce qu’auraient pu être, les principales religions et philosophies orientales (au sens large).

Que reprocher au final à ce roman ? Peut-être un peu difficile d’accès, une lecture parfois laborieuse et longue, mais tellement passionnante et enrichissante. En ces temps de crispations idéologiques, une lecture à mettre entre toutes les mains et à savourer pour ce qu’elle : une fable résolument optimiste sur le devenir de l’Humanité. Même si, comme le suppose la fin ouverte, il reste du boulot.

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Publié par le 28 février 2015 dans Lectures

 

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Stephen King – Mr Mercedes

Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaine de chômeurs en quête d’un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s’est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces. Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.

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Stephen King. Ces deux mots sont synonymes pour des millions de lecteurs de terreur, d’horreur, de cauchemars et de clown sanguinaire. Grievous, mais en pire. Une fois n’est pas coutume, le Maître passe à un genre quelque peu inhabituel pour lui, le thriller. Rassurez-vous néanmoins, nous ne sommes pas totalement en terrain inconnu. On retrouve ce qui fait la classe de King, ces personnages ciselés avec amour, son intrigue en béton armé, un suspens à donner des sueurs froides. Le compte à rebours final est redoutable, d’autant que, comme souvent avec King, tout peut arriver ! Surtout quand un roman s’ouvre sur une femme et son bébé écrasé sans pitié par une lourde berline allemande (ach, deutsch qualität, même quand il s’agit d’écraser les gens (un peu une spécialité du pays faut dire…)). Comme souvent avec King, nul n’est à l’abri, pas même les personnages principaux. Autre tour de force, arriver à nous passionner pour cette enquête en nous révélant après quelques chapitres l’identité et les motivations du tueur. Nul besoin ici de faire le mystère sur qui, quoi, pourquoi, comment, on sait tout, et très vite. Point de retournement de situation final à la « hé non, car en fait c’est moi le tueur ha ha ha ha ha » avant qu’il ne s’envole en DS volante (ou en berline allemande en l’occurrence, hé non, pas de marque !). L’essentiel, c’est un duel à distance entre un psychopathe sacrément siphonné et un « tonton », un flic à la retraite incapable de lâcher son boulot. Bien sûr; pas de King sans petits détails glauques et peu reluisants, et évidemment, sans un petit coup de griffe sur l’état de la société de son pays. Ici, c’est cette classe moyenne fracassé par la crise de 2008 (l’action du roman se passe en 2009-2010). Un King atypique, mais sacrément prenant, un vrai page turner qui n’a pas à rougir de la comparaison avec les maîtres du thriller.

 
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Publié par le 10 février 2015 dans Lectures

 

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L’expression du jour !

Voici une des rubrique phare de ce blog, l’expression du jour ! (bon ok, plutôt du mois… de l’année… pas du siècle, je serai surement mort en 2101…)

De temps en temps je vais vous expliciter une expression de la langue française, histoire de rigoler un peu. Ce sera de manière humoristique (j’ai dit humoristique, pas drôle…) et voilà. On commence.

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Aujourd’hui nous allons parler de l’expression « Ronger son frein ».

Contrairement à une idée reçue, notamment si vous êtes souple, masochiste, pervers, claquettiste (rayez la mention inutile), cette expression ne concerne pas une partie sensible de l’anatomie masculine. En fait, c’est une question de cheval !

De quoi ? J’suis pas venu ici pour m’faire traiter de cheval !

Bref. Remontons le temps. Il y a longtemps, pour se déplacer l’être humain utilisait le cheval (bah oui, il avait pas encore inventé l’Airbus, ce con !) et pour diriger un cheval, c’est utile d’avoir des rênes. Non pas les rennes du Père Noël… Bref, pour attacher les rênes au cheval, on utilisait un truc ultra ingénieux pour les lui coller dans les chicots, le mors ! Le rapport me direz vous ? Simple. Autrefois, le mors s’appelait… le frein. Or, que fait un cheval quand il s’emmerde sec ? Non, il ne fait pas une grille de Sudoku… Il ronge son harnais.

Z’avez vu la taille des machins ?

Bref, vous voyez où je veux en venir… Il ronge son frein. D’où l’expression. Demandons à la rousse…

faire effort pour contenir son impatience, son irritation.

Voilà. À l’année prochaine !

 
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Publié par le 6 février 2015 dans L'expression du jour

 

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Bienvenue !

J’ai failli citer je-ne-sais-quelle comédie musicale avec Bienvenue en 12 langues, mais c’est d’un banal, tout le monde fait ça…

Bienvenue donc ! Bienvenue dans ma tanière, l’antre de Grievous ! Ha ha ha ha ha !

Déjà je me présente. Grievous. Grincheux, râleur, emmerdeur, bref, le gendre idéal !

Mais je laisse quelque personnes de ma connaissance me présenter (oui je suis modeste, je déteste parler de moi…)

Mme Nounours :

 T’es un Dieu Grievous

Mr Arthur :

C’est personne, c’est un un… connard.

Mr Ventura :

Grievous il ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnait.

Mr Holmes :

Grievous est le Napoléon de la grumpytude.

Bien maintenant que vous commencez un peu à me cerner, commençons. Déjà à quoi va servir ce blog ? Bah à rien. Je vais de temps en temps vous donner mon avis sur mes lectures (d’où l’adresse du blog, ha ha, jeu de mot !) et aussi parfois je vous apprendrai l’origine d’une expression rigolote de la langue française.

Mais pas demain. Demain c’est sieste.

 
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Publié par le 6 février 2015 dans Vie du blog